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Parc Regional “Le Ventoux” (in oprichting)

By Monique — september 09, 2013

Parc du Ventoux : de grandes ambitions… et un grand débat

Le syndicat de préfiguration du parc naturel régional du Mont Ventoux a lancé officiellement hier, à Saint-Trinit le démarrage de ses travaux par un débat passionné. Et la route sera longue avant le classement par l’Etat

Actualités - Parc du Ventoux : de grandes ambitions... et un grand débat
Réunis à Saint-Trinit, les acteurs du futur parc naturel régional ont rappelé les principes du projet et ses enjeux : la protection du territoire. Un territoire où il faut concilier développement touristique et agricole. Dans la salle, quelques “parcosceptiques” s’étaient invités mais son restés minoritaires. Les échanges ont surtout porté sur la nécessité de convaincre, de rassurer. La route est encore longue avant le classement en PNR.

PHOTO CYRIL HIÉLY

 

Le projet de parc naturel régional du Mont Ventoux vient de franchir une étape. Hier après-midi, plus de 200 élus locaux de tous bords, représentants d’associations ou simples citoyens se sont retrouvés à Saint-Trinit pour lancer officiellement sa préfiguration.

Autrement dit, on entre dans la phase d’élaboration de sa charte, le texte qui va définir ses orientations, et qui, une fois accepté par tous et validé au niveau national, devrait aboutir à son classement en Parc Naturel Régional.

Pour officialiser ce “moment historique“, le SMAEMV, syndicat mixte d’aménagement et d’équipement du Mont Ventoux, avait organisé une grande rencontre-débat, dans une des communes de son périmètre, tirée au sort.

“Un parc est-il un paradis sous cloche où on ne pourra plus cueillir de champignons ou un espace pour vivre ensemble et un accélérateur d’activités économiques ?” interrogeait Philippe Thuru, journaliste à La Provence, et animateur du débat.

De nouveaux coûts pour le contribuable ou une vraie chance ?

À la tribune, outre Alain Gabert, président du syndicat et ardent défenseur du parc, il y avait Patrick Bremener, sous-préfet, Marie Bouchez, vice-présidente de la Région chargée des parcs naturels, Max Raspail, conseiller général PS, Pierre Meffre, maire de Vaison-la-Romaine, Joël Bouscarle, président de l’AOC Luberon, Didier Olivry, directeur du parc de Camargue. Et Julien Aubert, député UMP de la 5e circonscription et seule voix représentant les “parcosceptiques”.

Il a exposé ses craintes de voir la création d’une structure de plus, avec des frais de fonctionnement difficiles à supporter, des réglementations qui seront plus des freins que des accélérateurs. Il pense “qu’on peut faire la même chose avec une grande intercommunalité“.

Le débat était lancé. Courtois et passionné. Chacun y allait de sa pédagogie pour rappeler qu’un parc n’a pas de compétences, mais seulement des missions.

Il ne faut pas confondre les parcs nationaux ou les dispositifs tels que Natura 2000 qui sont issus des politiques de l’Etat, rappelait Marie Bouchez. Les PNR, ce sont des outils de proximité qui permettent de faire plus qu’une intercommunalité, d’être plus innovants. A l’exemple du Verdon où il y a une réserve d’eau, de l’activité touristique, des kayacks, des pêcheurs… quelle structure peut rassembler tout ce monde pour partager des responsabilités de protection, de gestion et de développement ?”

Dans l’assistance, Jean-Baptiste Lanaspèze, président du centre méditerranéen de l’environnement a fait une intervention très remarquée. “Un parc n’est pas une mise sous cloche, la charte a un sens, c’est une manière de se fixer ensemble des règles. Un parc c’est un état d’esprit, il n’est pas là pour aménager mais pour ménager un territoire.” Et à l’adresse de Julien Aubert, il a ajouté : “Il va falloir innover, alors venez innover avec nous.

Puis, c’est Pierre Gabert, maire (sans étiquette) de Pernes-les-Fontaines, qui a insisté : “Une grande intercommunalité ? Ce n’est pas porteur, tout comme Natura 2000 qui représente l’administration. Alors qu’un parc naturel véhicule une bien meilleure image.” Un propos immédiatement repris par Pierre Meffre, maire de Vaison : “Ce qui fait rêver les gens, en effet, c’est de se promener dans un parc, pas dans une interco, de repartir avec des produits du terroir labellisés par une charte.”

Pour clore le débat, chacun s’accordait sur l’idée qu’il faudrait expliquer encore, rassurer les élus, renforcer le dialogue. Des réunions d’information auprès du public sont prévues dès ce mois de juin (voir ci-contre) et dès l’automne, des commissions thématiques vont se mettre en place pour rentrer (enfin) dans le vif du sujet.

Le sous-préfet rappelait que la France comptait 48 PNR qui fonctionnaient “à la satisfaction générale. Les parcosceptiques trahissent la vérité, un PNR n’est pas une réserve d’Indiens, il n’a pas de pouvoir réglementaire. Il faut arrêter de dire n’importe quoi. C’est au contraire une méthode avec un partenariat le plus ouvert possible, un partage, une gouvernance, et c’est une opportunité de tirer le territoire vers le haut.


Ce qu’ils en pensent

Julien Aubert, député UMP de la 5e circonscription

Depuis son élection aux dernières législatives, le nouveau député de la nouvelle circonscription a pris la tête d’un mouvement d’opposition au projet de parc. Avec Hervé Mariton, député de la Drôme qui refuse le projet d’un autre parc naturel régional, celui des Barronies, ils ont créé un collectif d’élus. “Ce n’est pas un débat politique, a-t-il affirmé à la tribune. Les aides de l’État diminuent, elles ne représentent plus que 12 % du financement des parcs, de sorte que c’est le contribuable qui va devoir payer. Je pense qu’on peut faire la même chose avec une grande intercommunalité. Je suis pour qu’on réduise ces structures qui coûtent de l’argent. Sur le territoire du parc du Luberon, il y a des maires qui veulent se retirer, tous ne sont pas heureux d’y être. Les parcs ont été créés dans les années 60, depuis, il y a d’autres dispositifs pour s’occuper de l’environnement”.

Alain Gabert, président du SMAEMV (syndicat mixte d’aménagement et d’équipement du Mont Ventoux) devenu syndicat de préfiguration du parc.

Également conseiller régional (radical de gauche) et maire de Monieux, Alain Gabert est un ardent défenseur du parc : “C’est un moment historique, c’est le lancement officiel de la préfiguration du parc. Il n’est pas fait, nous allons le faire ensemble. J’insiste sur ce mot : “ensemble”. C’est la seule collectivité où on a la possibilité d’apporter sa pierre : des élus mais aussi des agriculteurs, des associations, tous les acteurs du développement du territoire. Les interrogations sont nombreuses et légitimes mais nous ne pouvons pas nous payer le luxe de laisser passer cette chance. Ce n’est pas une structure de plus, le syndicat existe depuis 50 ans, avec 22 salariés, il faudra en recruter deux ou trois de plus”.

Didier Olivry, directeur du parc de Carmargue.

Le parc de Camargue, qui regroupe 3 communes dont Arles, est l’un des plus anciens de France, il a été créé en 1970 par des élus et des agriculteurs.

“L’agglomération d’Arles s’est créée après le parc et il n’y a eu aucun transfert de compétence, car un parc n’a pas de compétences mais des missions qu’on lui confie. C’est une logique de partenariat. D’ailleurs même l’agglomération de Nîmes souhaiterait adhérer. Nous sommes plutôt courtisés. Il n’y a pas de conflit de compétences mais une mise en cohérence des politiques. Avec 5,5 millions de touristes par an, le parc naturel régional représente un gage de qualité. Le label est difficile à acquérir et même à renouveler, le barrage au niveau national est strict. En Camargue on a mis 5 ans pour obtenir le renouvellement du parc. Un seul, en France l’a perdu c’est le parc du Marais Poitevin”.

Joël Bouscarle, président de l’AOC Luberon, vigneron-coopérateur à Saignon.

L’AOC Luberon regroupe 10 caves coopératives et 51 caves indépendantes. Le parc du Luberon, a été créé en 1977 par des agriculteurs au départ.

“Le terme de “parc” a été mal choisi, les gens pensent que cela enferme. Mais au contraire, c’est un territoire qui vit. L’activité agricole est importante dans le Luberon. Nous avions un vrai problème pour communiquer entre le versant sud et le versant nord. Le parc doit faciliter les échanges, c’est le lieu où l’on peut rencontrer tout le monde. C’est au parc que l’on s’adresse quand on veut mettre en place une manifestation, un projet. Ce n’est pas une instance coercitive, au contraire. On a vu renaître ainsi du pain au blé du meunier d’Apt, une variété disparue grâce au parc. Cela rend plus lisible les produits de notre territoire. À l’extérieur, la perception d’un parc naturel est très positive”.


Repères

C’était hier : le lancement officiel de la préfiguration du parc naturel régional du Mont Ventoux après près de 12 ans de concertations.

En juin : les premières réunions d’information à destination des habitants seront organisées à 18h : lundi 10 juin à Entrechaux (en mairie) ; mardi 11 à Sault (salle polyvalente) ; lundi 24 à Caromb (chapelle des Pénitents gris) ; mardi 25 à Mormoiron (La Ruche) ; vendredi 28 à Carpentras (chapelle des Pénitents).

Cet automne : des commissions thématiques avec tous les acteurs du territoire (agriculteurs, associations de chasseurs et de pêcheurs, hébergeurs, professionnels du tourisme…) seront constituées pour définir les grandes orientations du parc : ceux qui veulent y participer peuvent s’inscrire auprès du SMAEMV.

2013 : lancement du diagnostic.

2014 : concertation et élaboration de l’avant-projet de la charte avec avis intermédiaire du préfet.

2016 : Avis final des instances nationales et classement en Parc naturel régional (décret du Premier ministre).

Le périmètre : il est défini autour de 40 communes qui vont de Pernes-les-Fontaines à Vaison-la-Romaine, et de Loriol à Saint-Trinit.

Les opposants : sur ces 40 communes, cinq ont voté contre en conseil municipal : Malaucène, Le Barroux, Saint-Didier, Venasque et La Roque-sur-Pernes.

Un collectif d’élus s’est mis en place autour du député UMP Julien Aubert (5e circonscription du Vaucluse) et de Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, avec Jacqueline Bouyac, conseillère régionale. De son côté, l’ancien maire de Carpentras, Jean-Claude Andrieu a également constitué une association d’opposants au parc.

 

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